Le budget fédéral de 2025 marque un tournant dans la transformation numérique et économique du Canada, en définissant une vision pour une nation numériquement souveraine, axée sur l’innovation et fondée sur la technologie, les talents et la confiance.

Dans les 559 pages du budget, les termes « numérique » et « technologie » apparaissent plus de 176 fois, ce qui indique que l’ensemble du gouvernement comprend que chaque secteur, de l’éducation à l’industrie en passant par l’immigration et la défense, dépend aujourd’hui de sa capacité numérique. Les recherches du CTIC montrent que l’économie numérique représente déjà 10 % du PIB national et permet d’employer 2,48 millions de Canadiens. D’ici 2030, elle permettra d’employer 2,7 millions de personnes et contribuera au PIB à hauteur de près de 250 milliards de dollars, une trajectoire de croissance qui contribuera à la prospérité, à la productivité et à la souveraineté du Canada.

Le budget de 2025 reconnaît que pour poursuivre cette trajectoire, il faudra effectuer des investissements coordonnés à long terme sur plusieurs fronts, notamment en prenant les mesures suivantes : 

  • Préparer la main-d’œuvre à l’avenir grâce à des programmes d’apprentissage intégré au travail (AIT) et d’emploi des jeunes guidés par l’industrie, comme le Programme de stages pratiques pour étudiants (PSPÉ), afin de combler l’écart persistant de compétences au Canada;
  • Introduire une super déduction pour la productivité afin de faciliter les affaires, l’adoption de technologies, l’expansion et l’investissement au Canada;
  • Renforcer les capacités souveraines du Canada en matière d’intelligence artificielle (IA) par l’entremise de l’infrastructure, de l’éthique et de la préparation de la main-d’œuvre;
  • Promouvoir une stratégie industrielle globale qui intègre la transformation numérique à tous les secteurs de l’économie;
  • Garantir un engagement mondial stratégique et une diplomatie industrielle pour renforcer le rôle du Canada en tant que chef de file de l’innovation et intermédiaire entre les États-Unis et l’Union européenne en ce qui concerne l’IA. 

L’analyse du budget de 2025 par le CTIC souligne la nécessité d’investissements constants et d’une coordination nationale, une approche qui requiert de considérer l’économie numérique non pas comme un secteur parmi d’autres, mais comme le fondement de la compétitivité, de la productivité et du leadership mondial du Canada à long terme. 

Renforcement des capacités de la prochaine génération de talents numériques au Canada : faire de l’AIT une solution structurelle pour remédier au chômage chez les jeunes 

Le marché du travail des jeunes au Canada continue d’être soumis à des tensions marquées. En octobre 2025, le taux de chômage chez les jeunes s’élevait à 14,1 %, soit le double de la moyenne nationale pour l’ensemble de la population. Les recherches du CTIC attribuent cet écart persistant à des défis structurels, notamment un décalage entre la formation et l’emploi, des progrès technologiques rapides et des occasions limitées pour les étudiants d’obtenir de l’expérience en début de carrière.

Ces défis sont particulièrement importants dans le cadre de l’économie numérique. Alors que la demande de talents du secteur de la technologie ne cesse d’augmenter, de nombreux jeunes n’ont pas la possibilité de développer des compétences pratiques dans des environnements de travail réels. Cet écart entrave à la fois l’intégration au marché du travail et les perspectives d’emploi à long terme.  

Les programmes d’AIT, et surtout le PSPÉ, comptent parmi les outils les plus puissants pour remédier à ce déséquilibre. En mettant les étudiants canadiens en contact direct avec les employeurs, l’AIT leur donne la possibilité de mettre en pratique leurs apprentissages, de gagner en confiance et d’acquérir des compétences numériques et professionnelles recherchées qui amélioreront considérablement leur employabilité.

Le budget de 2025 alloue 635,2 millions de dollars sur trois ans au PSPÉ, qui soutient environ 55 000 stages par an en science des données, en développement de logiciels et dans d’autres domaines en forte demande.

D’un point de vue économique, l’AIT offre des avantages mesurables aux employeurs comme aux étudiants. Les employeurs participant au PSPÉ indiquent que chaque étudiant génère en moyenne 401 $ par mois en valeur ajoutée, et les étudiants gagnent environ 1000 $ de plus par mois que leurs pairs occupant des postes comparables. Les étudiants qui participent à l’AIT sont également deux fois plus susceptibles de trouver un emploi à temps plein dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme et bénéficient d’un taux d’activité sur le marché du travail plus élevé à long terme, puisque nombre d’entre eux restent employés dans le même domaine deux à trois ans plus tard, un facteur essentiel pour renforcer le bassin de main-d’œuvre de l’économie numérique au Canada.

Ces résultats démontrent que l’AIT n’est pas qu’un simple outil de formation, mais une solution structurelle au chômage chez les jeunes. Il permet d’acquérir une expérience pratique, de renforcer les réseaux professionnels et d’offrir aux employeurs un accès précoce aux futurs talents. À une époque où les technologies évoluent rapidement, les programmes comme le PSPÉ permettent aux jeunes Canadiens de passer de la salle de classe à des secteurs à forte croissance en toute confiance et dans la stabilité. 

Rendez-vous à l’adresse suivante pour en savoir plus sur le programme d’AIT numérique du CTIC, qui a permis à plus de 25 000 étudiants de l’enseignement supérieur d’acquérir une expérience professionnelle dans le domaine de l’économie numérique et à plus de 8000 employeurs de bénéficier de talents qualifiés.

Les investissements du budget 2025 dans la capacité souveraine en matière d’IA démontrent la nécessité d’une stratégie nationale en matière de talents en IA

Les investissements dans l’IA prévus au budget de 2025 représentent l’un de ses engagements les plus prospectifs. L’allocation de 925,6 millions de dollars sur cinq ans à un réseau national souverain de calcul pour l’IA, ainsi que le financement d’infrastructures numériques dans le cadre de la stratégie industrielle de la défense, témoigne d’une vision claire : la capacité en matière d’IA est un atout national.

Le CTIC est d’accord avec cette position. Cependant, des investissements supplémentaires sont nécessaires pour cultiver la future main-d’œuvre du Canada dans le domaine de l’IA. La capacité à mettre au point et à déployer des systèmes d’IA avancés est désormais un facteur déterminant de la compétitivité à l’échelle mondiale, mais les progrès du Canada ont été limités par la pénurie de professionnels du secteur de l’IA hautement spécialisés, notamment les ingénieurs en IA, les scientifiques de données, les linguistes informaticiens et les chercheurs en apprentissage automatique.

Le Canada est déjà confronté à une pénurie de plus de 3000 professionnels de l’IA chaque année, en particulier dans les domaines de l’ingénierie et du développement de modèles. Avec les nouveaux investissements fédéraux dans les systèmes de calcul pour l’IA, ces pénuries ne feront que s’aggraver sans un investissement équivalent dans les talents.  

Les engagements du budget de 2025 en matière d’infrastructure constituent une base solide, mais il est urgent d’investir dans la préparation de la main-d’œuvre du secteur de l’IA en mettant à jour les programmes scolaires et d’études supérieures ainsi que les formations d’appoint pilotées par l’industrie. 

 

Appel à l’action du CTIC : besoin d’une stratégie nationale en matière de talents en IA au Canada 

En l’absence d’efforts coordonnés pour former et retenir des professionnels compétents en matière d’IA, le Canada risque d’être à la traîne sur le plan économique et stratégique. Le CTIC plaide pour une stratégie nationale claire et visionnaire qui aidera les Canadiens de tous âges et de tous niveaux de scolarité, des élèves de la maternelle à la 12e année aux travailleurs en début et en milieu de carrière et aux chefs d’entreprise, en passant par les étudiants de l’enseignement supérieur, à apprendre à utiliser efficacement l’IA. Cette stratégie doit être flexible, guidée par l’industrie et basée sur des données sur le marché du travail en temps réel afin d’aider les Canadiens à se préparer aux emplois de demain en développant les bonnes compétences dès aujourd’hui.  

  • Intégration de l’IA dans l’enseignement public : l’apprentissage de l’IA doit commencer tôt. Le Canada devrait intégrer les concepts de l’IA dans l’enseignement primaire et secondaire, en abordant des sujets essentiels tels que la citoyenneté numérique, la formation professionnelle et l’utilisation responsable des technologies. Cette intégration aidera les élèves à comprendre l’influence de l’IA sur leur vie et leur future carrière et les préparera à utiliser les outils d’IA de manière sûre et efficace.

    Les systèmes d’enseignement public doivent être outillés pour transmettre les connaissances fondamentales en matière d’IA, y compris en offrant une expérience pratique avec les outils d’IA les plus courants. Ces programmes devraient également enseigner la réflexion critique sur les limites, les biais et les implications éthiques de l’utilisation de l’IA. En investissant très tôt dans l’éducation sur l’IA au Canada, le pays peut s’assurer que sa future main-d’œuvre est préparée à un avenir dominé par l’IA.  
  • Perfectionnement inclusif et équitable des talents : la diversité de la main-d’œuvre canadienne est un atout majeur qui doit être entretenu. Les entreprises dont la main-d’œuvre est diversifiée sont plus innovantes et plus rentables que les autres entreprises. La stratégie nationale en matière de talents en IA doit garantir à tous les Canadiens un accès équitable et inclusif à une éducation et à une formation en matière d’IA fiables et de grande qualité.

    Cette stratégie doit être élaborée en consultation avec divers groupes d’intervenants, établissements de formation et professionnels du développement de la main-d’œuvre ayant une expertise couvrant l’ensemble de la société canadienne, dont les jeunes et les travailleurs autochtones, les personnes vivant avec un handicap, les nouveaux arrivants et les femmes. Elle doit soutenir les établissements de formation dirigés par des Autochtones et intégrer des perspectives diverses dans la conception des programmes d’études afin de veiller à ce qu’ils soient culturellement adaptés.

    Pour améliorer l’accès, le Canada peut s’appuyer sur de nouveaux modèles de programmes, comme les microcertifications, l’AIT pour les étudiants ou les formations professionnelles rémunérées pour les diplômés, les travailleurs et les chefs d’entreprise, afin de permettre une adaptation rapide à l’évolution technologique. Ces modèles permettent l’adoption d’approches flexibles et autonomes de l’apprentissage et du perfectionnement, qui peuvent être adaptées à des besoins précis. En outre, afin que tout le monde ait accès à une éducation et à une formation équitables en matière d’IA, le Canada doit s’attaquer aux obstacles systémiques et infrastructurels, comme l’accès universel aux services à large bande.  
  • Fondement sur des données en temps réel sur le marché du travail : la stratégie nationale en matière de talents en IA doit s’appuyer sur des informations sur le marché du travail (IMT) en temps réel qui permettent de suivre l’évolution des écarts de compétences et des exigences professionnelles et d’obtenir des données à ce sujet. Grâce aux IMT en temps réel, la stratégie pourra rester flexible et itérative, s’adapter rapidement aux nouvelles technologies et tendances en matière de main-d’œuvre et anticiper les lacunes dans les services.

    La capacité du Canada à jouer un rôle de premier plan dans le secteur mondial de l’IA dépend non seulement de son infrastructure technologique, mais aussi de la force et de la diversité de son bassin de talents. En l’absence d’investissements substantiels pour préparer la main-d’œuvre en IA, le Canada risque de construire une infrastructure sans disposer des talents nécessaires pour l’entretenir, ce qui compromettrait sa souveraineté et sa compétitivité à long terme. Une solide stratégie nationale fera en sorte que les Canadiens ne soient pas seulement des utilisateurs passifs de l’IA, mais qu’ils contribuent activement à son développement et à sa gouvernance. Si aucune mesure décisive n’est prise, le pays risque de perdre son avantage concurrentiel et de compromettre sa souveraineté dans un domaine qui définira l’avenir de l’innovation, de la sécurité et de la prospérité économique.

 

Promotion d’une stratégie industrielle adaptée à l’ère numérique : combler les lacunes dans le budget de 2025 

Le budget de 2025 propose une stratégie industrielle moderne qui reconnaît que la technologie est le moteur de la productivité, de l’innovation et de la résilience économique. Il s’agit là d’un virage important pour le Canada, qui considérait auparavant la politique numérique comme un programme d’innovation distinct, mais qui l’intègre maintenant dans tous les secteurs industriels, dont ceux de l’énergie, de la fabrication et des technologies propres, et bien d’autres.

Cette approche est conforme aux recommandations formulées dans la Feuille de route pour l’économie numérique du Canada à l’horizon 2030 du CTIC, dans laquelle on souligne que la compétitivité du Canada sur la scène mondiale dépend de l’efficacité de l’utilisation des technologies numériques pour moderniser les industries traditionnelles. Pour combler l’écart de productivité qui sépare depuis longtemps le Canada de ses homologues du G7, il faudra une transformation industrielle généralisée fondée sur les capacités numériques.

En combinant les investissements en IA à une stratégie industrielle, le budget de 2025 jette les bases politiques nécessaires pour combler cet écart. Il soutient le double objectif de renforcer l’innovation à l’échelle nationale tout en augmentant la compétitivité à l’échelle mondiale, en particulier dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie propre, l’automobile, l’agrotechnologie et la fabrication de pointe. 

Les semi-conducteurs sont l’épine dorsale de la résilience industrielle et de l’infrastructure d’IA 

L’industrie canadienne des semi-conducteurs est essentielle à notre prospérité et à notre croissance futures. Les semi-conducteurs alimentent presque tous les secteurs de l’économie, de l’IA à l’informatique quantique en passant par les véhicules électriques, les systèmes de défense et les technologies propres. Alors que la demande mondiale s’accélère, des chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs sûres et résilientes sont essentielles pour soutenir l’innovation et la compétitivité nationale.

Malgré une expertise de classe mondiale en matière de recherche, de conception et de photonique, le Canada reste le seul pays du G7 à ne pas avoir de stratégie nationale sur les semi-conducteurs.

Le CTIC plaide pour une stratégie nationale sur les semi-conducteurs s’articulant autour de trois grandes priorités : une initiative sur les puces canadiennes afin de stimuler la capacité nationale, un centre de talents et d’innovation dans le domaine des semi-conducteurs afin de former des ingénieurs, et un cadre de résilience de la chaîne d’approvisionnement afin de garantir l’accès aux intrants essentiels.

L’expansion des activités du Centre de fabrication pour la photonique du Canada prévue dans le budget de 2025 marque une étape importante. Grâce à des investissements continus, le Canada peut devenir un fournisseur fiable de composants de semi-conducteurs avancés pour les économies alliées, ce qui renforcera la sécurité économique et nationale. 

 

Appel à l’action du CTIC : besoin d’une stratégie nationale sur les semi-conducteurs au Canada 

Les semi-conducteurs sont à la base de pratiquement tous les secteurs de l’économie numérique, qu’il s’agisse des télécommunications, de l’électronique grand public, des véhicules électriques, des systèmes d’énergie propre ou encore de l’infrastructure de calcul pour l’IA.

Le marché mondial des semi-conducteurs devrait atteindre 1000 milliards de dollars américains d’ici 2030, la demande étant axée sur les segments des dispositifs spécialisés dans lesquels le Canada excelle, comme la photonique, les communications optiques et l’emballage avancé.

Toutefois, le Canada connaît une pénurie de main-d’œuvre dans le domaine des semi-conducteurs, en particulier en ingénierie analogique, en développement de micrologiciels et en nanofabrication, et pourrait voir jusqu’à 20 % de ses travailleurs prendre leur retraite au cours des 5 à 10 prochaines années. En outre, les entreprises canadiennes de semi-conducteurs font face à une concurrence mondiale croissante pour le recrutement d’ingénieurs qualifiés, tandis que la hausse des salaires érode l’avantage traditionnel du Canada en matière de coûts.

Le CTIC plaide pour une stratégie nationale sur les semi-conducteurs s’articulant autour de trois piliers clés : 

  1. une initiative sur les puces canadiennes, afin de stimuler la conception et la fabrication nationales et d’attirer des entreprises phares grâce à des mesures incitatives ciblées et à des partenariats public-privé;
  2. un centre de talents et d’innovation dans le domaine des semi-conducteurs, afin de développer les programmes de formation spécialisée en microélectronique, en science des matériaux et en ingénierie de fabrication;
  3. un cadre de résilience de la chaîne d’approvisionnement, afin de préserver l’accès aux composants essentiels et de réduire l’exposition aux perturbations géopolitiques. 

Le numérique et la diplomatie stratégique doivent être au cœur d’une stratégie industrielle 

Une stratégie industrielle adaptée à l’ère numérique doit aller au-delà de la productivité et de la croissance; elle doit être fondée sur la souveraineté, la résilience et le leadership international. Dans un contexte de concurrence technologique et de bouleversements géopolitiques, la capacité du Canada à tracer sa propre voie repose sur une approche globale et complète qui combine la modernisation industrielle, la transformation numérique et la diplomatie stratégique.

Les recherches du CTIC et son rapport conjoint avec l’AI, Data and Robotics Association (ADRA) de l’Union européenne soulignent que la souveraineté numérique ne peut pas être atteinte de manière isolée, ni à l’échelle requise pour soutenir le secteur à croissance rapide de l’IA responsable. Les atouts du Canada en tant que diplomate de l’IA (c.-à-d. sa réputation en matière de gouvernance éthique, son excellence en recherche et son rôle d’intermédiaire entre les États-Unis et l’Union européenne) le placent dans une position unique par rapport à ses homologues dans le monde. Comme le souligne le rapport, l’écosystème canadien de l’IA sert depuis longtemps de liaison transatlantique, promouvant des principes d’ouverture, de responsabilité et de conception centrée sur l’humain dans tous les territoires.

Une stratégie industrielle cohérente à l’échelle mondiale pour le Canada implique de tirer parti de ce capital diplomatique tout en renforçant les capacités nationales. En s’alignant sur la rigueur réglementaire de l’Union européenne et sur le dynamisme stimulé par l’innovation des États-Unis, le Canada peut ancrer son propre modèle d’autonomie stratégique pour qu’il concilie la collaboration ouverte et le contrôle souverain d’actifs essentiels tels que les semi-conducteurs et les infrastructures de calcul pour l’IA et d’énergie propre. 

 

Appel à l’action du CTIC : besoin d’une stratégie industrielle numérique unifiée   

Le CTIC plaide pour une stratégie industrielle numérique unifiée qui harmonise les politiques, les investissements et le développement de la main-d’œuvre dans tous les secteurs. Cette stratégie garantirait la coordination des capacités industrielles, du financement de la recherche et des bassins de talents afin d’améliorer la compétitivité et la souveraineté. Par exemple, les investissements dans la fabrication de semi-conducteurs, l’infrastructure de calcul pour l’IA et l’innovation en matière d’énergie propre devraient être considérés comme les piliers interconnectés d’un cadre national unique, chacun renforçant les autres.

Le leadership du Canada en matière de diplomatie de l’IA renforce cette stratégie sur la scène internationale. Étant donné que la gouvernance, la sécurité et le commerce de l’IA se chevauchent de plus en plus, le Canada a une chance inouïe d’influencer les normes internationales émergentes par l’intermédiaire du G7, du G20 et des institutions multilatérales. En alignant ses priorités nationales sur les engagements multilatéraux, il peut contribuer à établir des normes pour une IA digne de confiance et un commerce numérique responsable, tout en stimulant sa propre économie novatrice.

Une stratégie de souveraineté industrielle doit également faire en sorte que la résilience économique ne soit pas simplement réactive, mais aussi anticipative, afin que le Canada soit en mesure de répondre aux bouleversements technologiques et géopolitiques tout en continuant à jouer un rôle de premier plan grâce à la collaboration, à la transparence et à la confiance. Comme en font foi les recherches du CTIC, la capacité du Canada à exploiter ses atouts en tant qu’intermédiaire entre les principales économies n’est pas seulement un avantage diplomatique, c’est une pierre angulaire de la compétitivité nationale. 

Conclusion : bâtir un Canada souverain et compétitif sur le plan numérique 

Le budget de 2025 représente le cadre financier le plus numériquement intégré de l’histoire du Canada. Il confirme ce que les recherches du CTIC démontrent depuis longtemps, soit que l’économie numérique est l’épine dorsale de la croissance, de la compétitivité et de la souveraineté du Canada.

D’ici 2030, l’économie numérique du Canada fournira des emplois à 2,7 millions de personnes et contribuera au PIB à hauteur de près de 250 milliards de dollars. Toutefois, une stratégie globale s’étendant à l’ensemble de l’économie et combinant le développement des talents, l’infrastructure d’innovation et la modernisation industrielle sera nécessaire pour y arriver.

Les appels à l’action du CTIC sont clairs : le Canada a besoin d’une stratégie nationale en matière de talents en IA, d’une stratégie nationale sur les semi-conducteurs ainsi que d’une stratégie industrielle numérique unifiée pour institutionnaliser ces priorités dans un cadre national unique réunissant la politique, l’investissement et la planification de la main-d’œuvre. Ces stratégies permettront au Canada d’être un leader mondial non seulement en matière d’innovation, mais aussi de confiance, d’inclusion et de gouvernance responsable.  

L’économie numérique est le fondement de la prospérité du Canada. L’accent continu mis sur la préparation de la main-d’œuvre, la souveraineté de l’IA et la modernisation industrielle déterminera si le Canada demeurera un consommateur de technologies mondiales ou en deviendra un créateur.

Le budget de 2025 jette des bases solides en ce sens. Il s’agit maintenant de les consolider pour veiller à ce que l’économie numérique du Canada reste un moteur de croissance, d’innovation et de compétitivité pour les décennies à venir. 

 

« Le budget de 2025 jette des bases prometteuses pour l’avenir de l’économie numérique du Canada », a déclaré Namir Anani, président-directeur général du CTIC. « L’accent continu mis sur la préparation de la main-d’œuvre, la souveraineté de l’IA et la modernisation industrielle déterminera si le Canada demeurera un consommateur de technologies mondiales ou en deviendra un créateur concurrentiel. Il sera essentiel de s’appuyer sur le budget de 2025 pour établir des stratégies nationales en matière de talents en IA, soutenir l’industrie des semi-conducteurs et donner la priorité à la souveraineté numérique dans le cadre d’une stratégie industrielle, afin que l’économie numérique du Canada reste un moteur de croissance, d’innovation et de compétitivité nationale. »